Le vrai sujet n’est pas le niveau de la dette publique française, mais sa trajectoire !

Le graphique présenté par Challenges est très intéressant mais il aurait gagné à intégrer les périodes Giscard d’Estaing et Mitterrand.

 

Copyright : Challenges - Insee

C’est dans les années 1970–1980 que s’installe le déficit structurel français.

Les décennies suivantes n’ont fait qu’exploiter un environnement de taux bas.

Depuis 2007, la dette progresse durablement plus vite que la richesse nationale…

Pendant plus d’une décennie, la France a bénéficié sur le plan macroéconomique d’un environnement davantage positif avec des taux d’intérêt très faibles et une croissance modérée mais suffisante pour stabiliser le coût de la dette.

Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont supérieurs à la croissance, qui est atone autour de 1% !

Économiquement, nous nous trouvons à un point critique :
⚠️ Aucun effet multiplicateur,
⚠️ Aucune création de valeur,
⚠️ Des marges de manœuvre budgétaires durablement réduites.

Chaque euro d’intérêt est un euro qui ne finance ni l’investissement, ni la souveraineté, ni la croissance future.

Sur le plan strictement économique, il est exact qu’en une décennie, la dette a augmenté nettement plus vite que sous Jacques Chirac, aucune phase de désendettement réel n’a suivi le choc du COVID.

Le débat n’est pas l’urgence du « quoi qu’il en coûte » en 2020, mais l’absence de trajectoire crédible de retour à l’équilibre.

La France est aujourd’hui structurellement en déficit primaire.

La France n’est pas en faillite, mais elle a perdu une partie de sa souveraineté budgétaire, devenue dépendante :
👉 de la confiance des marchés,
👉 de conditions financières favorables,
👉 d’une croissance qu’elle peine à générer.

Si le graphique était parti des années 70, nous pourrions dire qu’il présente 3 phases :
1️⃣ 1974–1995 : installation du déficit structurel ;
2️⃣ 1995–2019 : dette élevée mais soutenable grâce aux taux bas ;
3️⃣ Depuis 2020 : dette élevée + fin de la dette gratuite → zone de risque

Le problème n’est pas l’origine de la dette, mais bien le fait qu’elle soit devenue coûteuse…